Mauzac le mercredi 28 mai 2008,
Chers amis,
Après ma dernière permission, d'une semaine cette fois, que j'ai passée à Paris, j'ai l'impression maintenant d'être arrivé au col et de voir ce qu'il y a de l'autre côté ; bien sûr il faut se méfier des impressions.
Avec mon avocat, je prépare une demande de libération conditionnelle, et j'ai bon espoir de l'avoir.
Pour cela il me faut un travail, et un évêque courageux Mgr Brincard accepte de me prendre dans son diocèse au Puy-en-Velay, il me propose de m'occuper de la bibliothèque du séminaire. Cela m'intéresse beaucoup, car j'espère avoir aussi un peu de temps pour m'impliquer dans quelques travaux d'érudition, en théologie, histoire ou médecine.
Il me faut aussi un logement. Cela ne doit pas poser de problème non plus, puisque la maison est grande.
La juge d'Application des Peines examinera ensuite les neuf expertises psychologiques et psychiatriques que j'ai eu à subir. Elles sont toutes parfaites. La dernière conclut même : « Rien ne permet de retenir l'existence d'une perversion sexuelle structurée ou d'un aménagement de type pervers de la personnalité... »
Vient le plus dur : la "rançon" qu'il me faudra payer, c'est-à-dire le reste des dommages et intérêt que je dois encore aux parties civiles qui m'ont jeté en prison. C'est une somme considérable, mais je la payerai. Par principe, je la payerai seul et, dans ce domaine, je ne veux être aidé par personne ; l'association, elle, de plus en plus efficace, s'occupant de ma défense et de mes avocats. Sans elle, il y a longtemps que j'aurais baissé les bras.
Pour ma libération conditionnelle, un élément joue énormément en ma faveur, c'est le constat que je n'ai pas été abandonné par mes amis et ma famille. L'abondant courrier et le nombre impressionnant de permis de visite qui ont été demandés, le prouvent.
Alors maintenant, je me prépare et je sais que ce ne sera pas facile. Psychologiquement, ce que j'ai vécu, et ce que je vis, est très dur. Je sens que Mgr Brincard est prêt à m'aider. J'ai bien sûr demandé aussi un suivi psychologique.
Théoriquement, j'aurais pu sortir dès le début juillet, mais à cause des délais qui ont parfois été dépassés, j'ai bon espoir de vous retrouver en septembre, In cha Allah, comme on dit dans mon diocèse.
Après, une nouvelle vie recommencera, mais je ne m'inquiète pas. L'essentiel pour moi est de tourner la page et de sortir enfin de cet enfer.
Bonjour à tous nos amis communs et ils sont nombreux.
Amitiés.
François Lefort
Avril 2008
Chers amis,
Le plus dur en prison, ce n'est pas le temps qui passe, mais celui de ne rien pouvoir prévoir.Actuellement, plus que jamais, je vis un temps d'expectative absolu, c'est dur pour moi et pour mes proches, mais j'ai aussi le sentiment que cela est bon pour retrouver le sens des réalités, sortir de mes illusions concernant beaucoup de choses, ouvrir les yeux ; c'est en prison par exemple que j'ai vu quels étaient mes vrais amis.
Je suis dans l'expectative concernant ma date de sortie. Aujourd'hui sur le papier, comme je me suis bien comporté et que j'ai bénéficié de remises de peines, je suis libérable le 24 juillet 2011, ce qui fait que je pourrais en principe demander une libération conditionnelle à ma mi-peine, le 9 juillet 2008. Cela peut être accepté, repoussé de quelques mois ou refusé. C'est dur de ne pas savoir quand on va sortir. J'ai malgré tout bon espoir d'être libre bientôt, car les experts psychiatriques et psychologiques qui m'ont examiné en vue de cette libération ont conclu que chez moi : rien ne permet de retenir l'existence d'une perversion sexuelle structurée ou d'un aménagement de type pervers de la personnalité.
En langage clair, je suis normal et pas dangereux. Je vais donc déposer rapidement une demande de liberté conditionnelle.
Je suis dans l'expectative pour savoir où je vais aller en sortant de prison. Comme vous le savez, je suis prêtre du diocèse d'Alger. Comme dans un premier temps, il me sera interdit de sortir du territoire français, il me faut donc trouver un diocèse qui accepte le "lépreux" que je suis devenu. Ce n'est pas facile. Ce qui fait peur, ce n'est pas ma condamnation, mais la médiatisation de mon affaire. Je ne sais donc pas encore avec précision dans quelle région de France, je vais aller. Dernièrement, on m'a laissé espérer une solution, je ne peux pas en dire plus tant que ce n'est pas fait.
Bien sûr, il y aurait des solutions dans l'action humanitaire où on me propose du travail, mais je suis profondément prêtre, et veut absolument rester dans l'Église.
Je suis dans l'expectative concernant, la révision de mon procès. A grands frais, nous sommes sur la voie de véritables faits nouveaux qui prouveraient mon innocence. Je devrais donc pouvoir, dès ma libération conditionnelle déposer une demande de révision de mon procès devant la cour de Cassation. Mais la "justice" acceptera-t-elle d'être la Justice ? La défense de l'institution judiciaire sera-t-elle plus forte que celle de reconnaître mon innocence. De tout cela dépend mon avenir.
Serais-je reconnu innocent, ou devrais-je, jusqu'à ma mort, vivre dans la honte de crimes que je n'ai pas commis ?
Ce n'est pas tant pour moi que j'ai engagé ce nouveau combat, mais pour que la justice soit un peu plus humaine, un peu moins hautaine. Une société dans laquelle on tolère les erreurs judiciaires est gravement malade.
De quoi l'avenir sera fait ? C'est là que l'Espérance prend le relais.
François Lefort
Octobre 2007
Chers amis,
Quelques bonnes nouvelles tout d’abord du Père François Lefort : le 5 septembre dernier, il a bénéficié d’une première permission exceptionnelle de trois jours qui lui a permis de rendre visite à son père âgé de 98 ans.
D’autre part, compte tenu des remises de peine dont il bénéficie et grâce à son comportement exemplaire, il voit se rapprocher à grands pas l’horizon de sa libération conditionnelle.
A l’occasion de sa demande de permission exceptionnelle, le Père Lefort a dû se soumettre à un nouvel examen psychiatrique réalisé par deux experts différents de ceux qui l’avaient examiné auparavant. Cet examen entièrement favorable confirme totalement ceux réalisés auparavant. Citons seulement cette phrase de conclusion :
« Rien ne permet de retenir l’existence d’une perversion sexuelle structurée ou d’un aménagement de type pervers de la personnalité. »
A la lecture de ces lignes, on se demande, une fois encore, ce que le Père François Lefort fait en prison (voir en rubrique dernières informations pour consulter l'expertise détaillée).
Autre bonne nouvelle : l’évêque d’Autun, Mgr Benoît Rivière, est venu le visiter dans sa prison et lui dire toute l’attention qu’il lui porte. L’assurance de retrouver une place dans l’église est en effet un critère important pour sa future libération.
Sur le plan strictement judiciaire par contre, les choses n’ont guère évolué favorablement depuis un an :
La Cour d’Appel de Versailles avait, le 21 juin 2006, confirmé le non-lieu intervenu à la veille du procès en assises, dans sa plainte pour faux témoignage. En mai dernier, la Cour de Cassation a également rejeté le pourvoi formulé par Maître Florand, l’avocat de François Lefort.
Dans les deux cas, ce sont des arguments de type purement juridique qui sont invoqués pour justifier les décisions sans qu’il y ait de véritable réexamen sur le fond.
Dans ces conditions, selon les avocats, deux démarches restent possibles :
- La saisine de la Cour européenne des Droits de l’Homme est à l’étude. Il s’agit toutefois d’un long procès qui ne peut, en premier lieu, qu’aboutir à une éventuelle condamnation de la France. Il conviendrait alors de faire annuler la décision de rejet de pourvoi en cassation.
- Une deuxième démarche consiste en la recherche d’un élément nouveau et c’est dans ce sens que nous portons tous nos efforts, sachant que, là aussi, la justice est très exigeante sur la définition même de l’élément nouveau.
Toutes ces procédures, vous le comprenez, sont compliquées et demandent beaucoup d’efforts et de patience. Mais elles n’altèrent en rien notre détermination à obtenir un jour la réhabilitation du Père François Lefort et nous poursuivrons notre action jusqu’à l’obtenir. Cela, nous le faisons pour lui, mais également pour le service de la justice dans notre pays.
Ces démarches ont bien sûr un coût et nous venons donc, à nouveau, faire appel à votre générosité pour nous aider à les financer, comme vous avez été nombreux à le faire dans le passé. D’avance, nous vous remercions pour votre aide et pour votre confiance.
Pour
ceux qui souhaitent nous aider, vous pouvez envoyer votre chèque, libellé à l’ordre
de DALJ soutient François Lefort, adressé
au siège de l’association :
Droit à la Justice soutient François Lefort,
BP 11 71250 SALORNAY sur GUYE
Nous adresserons un reçu à tous ceux qui nous en font la
demande. La défense de François Lefort ne faisant pas
parties des oeuves d'intérêt général, il ne
sera pas possible de vous donner un reçu donnant droit à
des déductions fiscales au titre de l'article 238bis du C.G.I..
Alain de Javel
Président
Le dimanche 9 septembre 2007
Encore une fois, étant dépassé par mon retard de courrier, je suis obligé de recourir à une lettre collective. Je n'aime pas cela. Les heures que je passe à vous écrire et à vous lire, sont pour moi une façon délicieuse de passer quelques minutes avec vous. Je me sens très proche des nouvelles que vous me donnez, qu'elles soient agréables ou non. Certains appelleraient cela la prière ou la communion des saints.
Je suis rentré hier de ma première permission de sortie et j'ai pu aller souhaiter les 98 ans de mon père qui est toujours aussi vif et drôle. Il n'a rien perdu de sa vivacité d'esprit ni de sa mémoire ancienne ou récente. C'est extraordinaire et cela m'a fait beaucoup de bien de le revoir.
J'en ai profité aussi pour retrouver mes proches et ma famille ; cela m'a permis de constater que je serai bien accueilli au moment de ma libération conditionnelle, dans un an j'espère, quand j'aurai accompli la moitié de ma peine.
Cette première permission de sortie n'a pas été pour moi un passe droit. Dès le début de mon incarcération, j'avais décidé de ne pas rendre l’administration pénitentiaire ou la juge d'application des peines, responsables de l'erreur judiciaire commise par la cour d'assises. J'ai donc essayé d'être un détenu modèle, cela m'a permis de bénéficier de toutes les remises de peines légales. Un détenu peut demander une permission de sortie au 1/3 de sa peine.
De plus, les experts psychiatriques et psychologiques que j'ai récemment rencontrés ont, comme les sept précédents, confirmé que l'on ne trouvait dans ma personnalité aucune trace de perversité ni de pédophilie.
Rien ne s'opposait à ce que je bénéficie d'une première permission de sortie et la juge d'application des peines me l'a donnée.
En revanche, je suis toujours très en colère et de plus en plus déterminé à demander la révision de mon procès. C'est rendre service à la société que de chercher à être réhabilité de façon éclatante. Ma défense recherche des éléments nouveaux. Mon avocat qui a réussi à innocenter Patrick Dils, est persuadé que nous y arriverons. Bien sûr, il nous faudra encore trouver de l'argent pour cela ; je serai à nouveau contraint de demander de l'aide à ceux et celles qui peuvent faire un geste.
La prison où je suis est un lieu idéal pour écrire des livres. J'ai beaucoup de projets en cours et j'ai pratiquement terminé celui où je raconte mes démêlés judiciaires. La Vérité est ma force. Je ne m'appuie que sur les faits et non sur l'émotion qui a été l'arme de mes adversaires et qui est trop facile à manipuler.
J'essaye de raconter comme j'ai vécu toutes ces épreuves pendant douze ans et comme j'ai pu m'en sortir parce que j'ai la chance d'avoir la Foi et beaucoup d'amis qui, comme vous, m'ont soutenu en ces moments difficiles.
Je vous embrasse.
François Lefort
Nouvelles: décembre 2006:
A la suite du procès du Père François Lefort, nous avons été très nombreux à être scandalisés par le déroulement de celui-ci : impossibilité laissée à l’accusé de s’exprimer aux moments décisifs, intimidations de témoins, avocats peu ou pas combatifs, non lieu rendu la veille du procès dans sa plainte contre les faux témoignages de Moussa Sow et Mor Dione (ses principaux accusateurs), manque d’impartialité de la presse comme de la cour….
Et nous avons été convaincus que le Père François Lefort n’a pu bénéficier d’un procès équitable.
Nous avons donc décidé de mener une réflexion sur l’intime conviction dans les procès en assises. Nous avons créé l’association « Droit à la Justice » dont le siège est à Massilly, en Bourgogne. Notre réflexion a porté sur le fonctionnement de la justice et le déroulement des procès en assises. Nous nous sommes naturellement penchés sur le cas du Père François Lefort par une étude des éléments à notre disposition.
Le 24 juin 2005, le Père François Lefort a été condamné à huit ans de réclusion criminelle. Depuis cette date, comme pendant les dix ans de l'instruction, il ne cesse de proclamer haut et fort son innocence totale.
Nous le soutenons.
La condamnation du Père François Lefort est très grave, huit ans de prison, c’est trop ou trop peu.
Ceux d'entre nous qui ont assisté à son procès pensent qu’il n'a pas été jugé sur les faits mais sur de l'émotion, et rien n'est plus facile que de manipuler l'émotion. S'il avait été jugé sur les faits, le Père François Lefort aurait pu prouver son innocence et les faux témoignages de ses accusateurs.
Il n'a pas fait appel car il a jugé que cela aurait été inutile de retourner dans l'arène tant que les graves faux témoignages des ses principaux accusateurs n'auraient pas préalablement été reconnus.
Comme nous nous y attendions, car la Justice ne peut se déjuger, la Cour d'Appel de Versailles a, le 21 juin 2006, confirmé le non lieu intervenu, en juin 2005.
Voici ce que le Père François Lefort nous a écrit après cette décision de Versailles :
Si un commandant de sous marin, officier supérieur de la marine française, et sa femme médecin pédiatre, mère de plusieurs enfants, avec qui j’étais en Mauritanie ce 6 septembre, ne sont pas des témoins fiables, alors qu’est-ce qu’un témoin fiable ?
Si le témoignage de ces personnes, ainsi que huit tampons apposés sur deux passeports, le mien et celui d’une de ces personnes, ne sont pas des preuves absolues opposables devant la Justice, alors qu’est-ce qu’une preuve? Pourquoi la Justice refuse-t-elle un examen scientifique des passeports?
Si lorsqu’un homme, Mor Dione, affirme solennellement devant le Juge d'Instruction, ne pas avoir été présent à une audition très importante alors que le procès verbal indique : « En présence constante de
Mor Dione » Si cela ne constitue pas un délit de faux témoignage, alors, qu’est-ce qu’un faux témoignage ? Soit il ment, soit les auditions ne sont pas crédibles, il ne faudrait plus alors en tenir compte.
Si lorsque, Moussa Sow, fournit au juge d'instruction français un acte d'état civil très important pour la procédure, qu’il prétend être allé retirer lui-même et que, par la suite, un tribunal sénégalais déclare que ce document est un faux... Si la Cour d'Appel de Versailles refuse de le poursuivre, alors, qu’est-ce qu’un faux ?
Si la Justice refuse de trancher sur tous ces faits et leur matérialité lors d'une audience publique, alors qu’est-ce que la Justice ?
Evidemment, je me pourvois en cassation et j'irai jusqu'à la Cour Européenne des Droits de l’Homme s'il le faut, avec votre aide bien sûr…car sans vous je ne peux rien.
Nous avons cherché sur Internet des cas d’erreurs judiciaires flagrantes, écouté à la radio des émissions spécialisées sur la justice. On s’est vite aperçu qu’Outreau n’est pas une exception.
Nous avons hélas fait le constat de l’image déplorable du Père François Lefort sur Internet : il y avait de grosses défaillances au niveau de la communication, alors nous avons pris la décision de réagir :
Une nouvelle association a été créée :
Cette association, tout en menant une réflexion sur l’intime conviction, le respect de la présomption d’innocence et du droit de la défense, a pour objet de s’attacher au dossier de François Lefort des Ylouses, de permettre la mise en œuvre de tous les moyens judiciaires possibles, pour démontrer qu’il n’a pas bénéficié d’une instruction ni d’un procès équitables ; de l’aider dans toutes les formes de recours, de soutenir une action qui pourra aller jusqu'à une réhabilitation et de lever des fonds pour assurer la réalisation de ces objectifs.
Cette association, déclarée en préfecture, a été publiée au Journal Officiel du 4 novembre 2006.
Aujourd’hui qu’allons nous faire ?
Le cabinet d’avocat Jean Marc Florand, a déposé un pourvoi en cassation et devrait déposer prochainement un recours auprès de la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Ces procédures sont longues et coûteuses, aucun résultat n’est à attendre avant l’été 2007.
Le processus de réhabilitation judiciaire est en cours mais il sera long et difficile.
C’est pourquoi la réhabilitation du Père François Lefort devra être au moins autant médiatique que judiciaire.
Le site internet est maintenant en ligne à l’adresse :
Dans ce site, nous développons les rubriques suivantes : présentation de l’association, présentation de François Lefort et de son passé, présentation de l’affaire, analyse du livre de Mehdi Ba : l’Illusionniste, un courrier du Père François Lefort expliquant pourquoi il n’a pas fait appel, témoignages d’amis et de personnes qui ont déposé au procès et enfin renseignements pratiques pour écrire au Père François Lefort et aller le voir.
Certaines rubriques en cours de préparation et validation ne sont pas encore en ligne.
Pour faire vivre notre association et pour arriver à la réhabilitation du Père François Lefort, nous avons conscience que le chemin sera long et difficile et nous avons absolument besoin de vous pour :
- nous faire largement connaître.
- trouver des sympathisants, les rassembler et organiser des réunions publiques.
- aller voir des personnalités publiques ou célèbres qui puissent nous soutenir.
- donner un peu de temps pour faire vivre notre association.
- recueillir des témoignages de tout ordre sur l’action du Père François Lefort.
- préparer sa sortie de prison, son aménagement de peine…
Pour ce nouveau combat, la stratégie n’est plus de se taire
mais de crier partout l’innocence du Père François Lefort.
Vous trouverez une pétition en rubrique « le soutenir ». Vous pourrez imprimer et distribuer cette pétition de manière à lui témoigner votre soutien.
Nous comptons sur vous.
Président
PS : Donnez nous votre adresse mail, nous vous donnerons les dernières informations.
